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Harrington on Hold’em II

The end game
jeudi 2 février 2006.
 
C’est pas vraiment "Harrington, le retour", parce que le premier a bien marché. Non, dès le début, ce cher Dan avait annoncé la couleur, son éditeur lui ayant expliqué qu’un seul bouquin de 850 pages à 60$, ça se vendait beaucoup moins facilement que deux bouquins de 425 pages à 30$ pièce. Bref, Harrington est de retour, est si le premier était une tuerie, celui là est un génocide.

Pour ceux qui ont raté la première scéance, rappelons que ces deux bouquins parle uniquement de NLHE, et même uniquement de NLHE en tournoi. Le premier bouquin mêlait stratégie générale ( mains de départ, position, lire la table, etc... ) et stratégie de début de tournoi. Car finalement, en début de tournoi, les tables sont pleines, la moitié des joueurs n’est pas en train de mourrir, et les blinds sont inoffensives.

Ce deuxième tome commence par un chapitre qui aurait du être dans le premier, mais blablabla, pb de place, blablabla, à savoir les "moves". Tous ces coups où l’on ne joue pas "for value", c’est à dire en pariant conformément à la force de notre main et à celle, estimée, des mains adverses. Toutes les formes de bluffs ( continuation bet, probe bet, semi bluff, back-alley mugging, etc... ) on l’on représente une main plus forte que ce qu’elle est, et toutes les formes de slow play, ou l’on fait l’inverse, à savoir représenter une main moins forte que celle qu’on a réellement. Comme pour le premier tome, tous les chapitres se terminent par une série d’exemples pratiques, pris dans des tournois majeurs, des tournois online, MTT ou sit&go.

Le reste du livre aborde la vraie partie "tactique" d’un tournoi de hold’em. Le but est de survivre au mieux lorsque les conditions de jeu "plates" du début de tournoi disparaissent. En gros, comment se comporter lorsque son tas de jetons commence à faire pitié par rapport aux blindes, comment se comporter lorsque des adversaires sont dans cette situation, comment adapter son jeu lorsque la table ne compte plus 10 joueurs mais 7,6,5, ou moins.

D. Harrington présente alors sa théorie des "zones", qui est un principe con comme la lune, mais très clair, et très simple à mettre en oeuvre. En gros, c’est l’art et la manière d’estimer son rapport stack / pot initial ( blindes + ante ), et d’adapter son jeu en fonction de la zone où l’on se trouve. Par exemple, il explique pourquoi, dans la yellow zone ( rapport entre 10 et 20 ), il devient peu intéressant, en terme d’espérance de gains, de joueur les paires moyennes, qui sont au contraires intéressantes dans la green zone ( > 20 ) mais aussi, à l’inverse, dans la red zone ( < 5 ). Comme dans le premier bouquin, on a régulièrement l’impression que le livre enfonce des portes ouvertes, mais c’est tellement bien expliqué, tellement bien argumenté, que l’on se rend compte que le vrai exploit de l’auteur est d’arriver à transmettre des notions subtiles aussi clairement.

La suite concerne le jeu en "short table", particulièrement utile pour les fin de tournoi et pour les sit&go ( C’est d’ailleurs un des seuls bouquins sur le marché qui raconte des choses vraiment utiles pour les gens qui n’ont pas la possibilité d’arpenter la côte ouest des états unis à longueur d’année ). Sélection des mains, coups spéciaux, etc... Le chapitre suivant pousse jusqu’au cas final, le tête à tête. Un chapitre particulièrement bien foutu, qui, après quelques présentations mathématiques, prend pour support d’étude deux sessions entières de 1 contre 1, dont la première entre John D’Agostino et Phil Ivey, deux habitués des final table au WPT.

Le fin du bouquin parle de tout et de rien, comme la stratégie en cas de tournoi type "les 4 premiers sont qualifiés, les autres ont rien", la possibilité de faire des "deals" en fin de tournoi, etc... Les dernières pages présentent 3 mains d’un même tournoi, que Dan considère comme extrèmement représentatives de la complexité du hold’em et de ses subtilités. Et, en effet, c’est du poker grande classe, avec en première ligne, Mr Daniel Negreanu.

Dernier point hautement appréciable, D.Harrington ne prend pas le lecteur pour un con. Ainsi vous le voyez régulièrement dire des trucs comme "si vous êtes suffisament malchanceux pour transformer votre pocket pair en brelan au flop, et qu’un gars floppe la même chose, mais avec un brelan plus fort, ben.... c’est que c’était pas votre tournoi". C’est appreciable, car ça vous vous dites que toutes ces défaites cruelles, ben, elles arrivent à tout le monde. Ya aucune formule magique.

Pour conclure, je dirai que je comprends très facilement les tas de gens qui disent que ces deux tomes sont les "most usefull poker books ever written". C’est d’une incroyable facilité à lire, le dosage théorie / exemples est excellent, les subtilités sont présentées de manière claire, et au final, on a vraiment l’impression de lire quelque chose d’utile, d’applicable, et d’intelligent. Voilà l’exemple parfait du bouquin qu’on aimerait être le seul à avoir lu. Un gros gavage koi.


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